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Du Bongo sans "couilles" au Bongo "rigolo": Et si Gbagbo avait raison?

Réaction du Dr. Daniel Mengara à la Polémique  
BDP,  13 jun 2005

Dr. Daniel Mengara

Coordonateur, BDP-Gabon Nouveau

 

Le tollé ayant accueilli les commentaires faits sur Omar Bongo, le dictateur du Gabon, par le président de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo dans le quotidien France Soir du 6 juin 2005 est assez surprenant. Surprenant car traiter Omar Bongo de rigolo n'est ni une insulte, ni un simple fait de l'esprit. C'est la simple vérité qui repose sur les 38 ans d'incompétence représentés par le pouvoir bongoïste au Gabon. Et dans ce contexe, Gbagbo n'a fait que dire ouvertement ce que les Gabonais et tous les observateurs du Gabon pensaient déjà d'Omar Bongo: Omar Bongo, tout le monde le sait, est la risée de la communauté internationale et ceci à plusieurs égards.

Mais revenons un instant sur les propos "choquants" du président ivoirien. Qu'a dit exactement Laurent Gbagbo?

Voici les commentaires du président ivoirien:

"Aucun Etat africain n’a condamné cette constitution [ivoirienne] parce que beaucoup des leurs sont marquées du sceaux du nationalisme et rédigées de la même façon. Regardez le Gabon. Le père Bongo veut donner des leçons, mais c’est un rigolo ! Pour être candidat à l’élection présidentielle, il faut être Gabonais depuis au moins quatre (4) générations."

En quoi ce commentaire représente-t-il une insulte? Sur le plan de la véracité des faits constitutionnels du Gabon, Laurent Gbagbo a entièrement raison, et semble même mieux connaître la constitution du Gabon qu'Omar Bongo lui-même. Le problème c'est que nous en Afrique, et surtout au Gabon, nous aimons nous arrêter sur les mots. Nous aimons tellement les débats vides et les jeux de mots reposant sur des superficialités que le fond des choses nous échappe souvent, faisant donc de nous de simples palabreurs, partisans du cirque politique que des leaders incompétents nous imposent. Il ne faut donc pas, dans cette affaire, rester superficiel en s'arrêtant sur le mot "rigolo" utilisé par Laurent Gbagbo.

La vraie question est plutôt la suivante: Le fond de l'assertion de Gbagbo repose-t-il, lui, sur des arguments vérifiables, donc sérieux? En fait, Gbagbo ne pose-t-il pas là un problème sérieux en Afrique, celui des singeries constitutionnelles qui ont fait que nous, Africains, ayons tout simplement accepté de perpétuer chez nous les modalités constitutionnelles que nos colonisateurs nous ont laissé? Modalités constitutionnelles dictatoriales jadis faites pour perpétuer le joug colonial en Afrique? Quand Gbagbo dit par exemple qu'aucun état africain n'a condamné la constitution ivoirienne parce que "beaucoup des leurs sont marquées du sceaux du nationalisme et rédigées de la même façon", il faut voir dans cette assertion beaucoup plus que les mots. En fait, il ne s'agit pas de nationalisme car les leaders africains ne savent pas le sens de ce mot. Ce dont il s'agit, c'est d'une réalité animalière qui accable l'Afrique. Gbagbo, sans peut-être le savoir, a mis son doigt sur quelque chose d'essentiel: les legs constitutionnels de l'Europe en Afrique ont souvent été la source de divers maux politiques, économiques, sociaux et culturels au sein de notre continent. Les Africains francophones que nous sommes se sont-ils jamais posé la question de savoir pourquoi la plupart de nos constitutions se ressemblaient comme deux gouttes d'eau, et pourquoi ces constitutions semblaient toutes calquées sur la constitution française? Mieux même encore, nous sommes-nous demandé si le modèle français était véritablement adapté aux réalités africaines de la post-colonisation, où justement le problème des nationalités qui déchire la Côte d'Ivoire ne peut se poser de la même manière qu'en Europe, à cause justement des frontières abusivement tracées par les colons, frontières qui ont séparé des familles, des tribus et des clans, frontières qui ont cassé les liens de sang comme seule l'Afrique sait les comprendre, et redéfini la territorialité africaine avec des principes venus d'ailleurs?

Où sont les penseurs africains et pourquoi ne se sont-ils jamais penchés sur ce problème pour proposer des formules constitutionnelles plus adaptées à nos réalités? Où sont les politiciens patriotes d'une Afrique des nationalismes nouveaux, ceux qui feront pour l'Afrique les transformations désintéressées qui s'imposent, en tenant compte de l'esprit de nos cultures?

Ils ne sont malheureusement plus nulle part, ces nationalistes-là. Nos politiciens et intellectuels ventrus et vendus ont des chats plus urgents à fouetter: leur ventre et la grosse tête du leadership dénoué de tout sens de la Patrie. En Afrique, nous sommes tous devenus apatrides.

Ce n'est pas Bongo que Gbagbo accuse, chers frères. C'est l'Afrique toute entière. C'est nous, pompeux intellectuels, accrochés à nos privilèges élitistes et incapables de pensée libératrice; c'est nous, politicards enfoncés jusqu'au cou dans nos ventres à la recherche du pouvoir politique et de l'assouvissement des bas instincts, refusant de faire face aux réalités coloniales qui nous séparent encore de nos frères exilés de nous par la force de ces bâtardes frontières; c'est nous, états africains, empêtrés dans nos individualismes fossilisés, alors que de part et d'autres de nos infâmes frontières, des divisions se creusent entre peuples de même origine. C'est quoi être Gabonais? C'est quoi être Ivoirien, Camerounais, Equato-Guinéen? Et nous laissons faire; et nous regardons faire. Car nous nous complaisons dans la marée nocive et déshumanisante de ces legs coloniaux qui nous animalisent.

C'est quoi, en fin de compte, la nationalité en Afrique? Le Fang du Cameroun arrête-t-il d'être Fang parce qu'il est séparé du Fang gabonais par une frontière artificielle? Si le dénominateur commun du Téké gabonais et du Téké congolais se trouve dans leur "tékitude", qu'importe que l'on soit Gabonais ou Congolais? Peut-être faudrait-il que nous soyons capables de dépasser ces labels divisifs pour nous consacrer à la réfection de l'Africain sur la base de l'esprit?

Il faut respecter Laurent Gbagbo, mes frères. Laurent Gbagbo, sans être un intellectuel pompeux à la senghor, est un visionnaire. Il a ses limites et a tendance à dire les choses de manière crue. Mais il n'en demeure pas moins qu'il est le seul en Afrique aujourd'hui à poser les vrais problèmes. Quelle honte pour nous Africains de nous en prendre à ce Monsieur simplement parce qu'il a utilisé le mot "rigolo" pour parler d'un collègue malhonnête! Quelle honte pour nous de le maltraiter parce que nous aurons nous-mêmes failli à notre devoir, celui qui consiste à lire, au-delà de la crudité des mots, le vrai message que Gbagbo essaie de nous communiquer: Celui d'une Afrique qui singe et qui se retrouve prisonnière de ses singeries, à l'image même du Gabon où Omar Bongo, le singe en chef se réjouit de voir son peuple croupir dans la misère la plus inexplicable dans un pays pourtant riche. La culture des coups fourrés politiques est ce qui satisfait le bonhomme. Et c'est de ce machiavélisme que parfois nous nous complaisons, au moment où parfois nous surprenons certains en train de dire: "Tchuuooo, Bongo est fort; il a acheté tous ses opposants." Et nous voilà en train de normaliser la culture du faux, d'ériger la médiocrité en moralité et de sanctifier la criminalité comme valeur morale. Et pendant ce temps, personne ne se demande avec quel argent Omar Bongo a acheté tous ces opposants. Eh bien laissez-moi vous le dire: la prochaine fois que l'enfant de l'un de vos proches mourra de paludisme faute de médicaments et d'hôpitaux, sachez que c'est avec l'argent qui aurait pu sauver cet enfant que Bongo aura acheté ses opposants.

Et loin de moi l'idée d'absoudre Laurent Gbagbo de la débâcle ivoirienne. Avec un peu plus de tact et d'esprit démocratique, le président Gbabgo aurait pu éviter aux Ivoiriens les affres de la guerre civile. Cette guerre n'était pas nécessaire. Il suffisait de libéraliser là où ni Houphouët, ni Bédié, ni Guei n'avaient pu le faire. Il en avait le pouvoir. Sur ce point, Gbagbo aura trop tergiversé. La Côte d'Ivoire en souffre aujourd'hui.

Mais Laurent Gbagbo pose aujourd'hui de vrais problèmes et ces problèmes méritent notre attention. Concernant le Gabon, le problème reste évidemment entier, les commentaires de Gbagbo ayant au moins le mérite de révéler au grand jour les incohérences de la maison Bongo.

A ce titre, Gbagbo a raison, car Omar Bongo est non seulement un rigolo, mais véritablement un clown qui ne mérite le respect de personne, tellement il a couvert le Gabon d'opprobre sur les plans national et international, ce qui, si Bongo avait encore un peu d'humanité en lui, aurait dû le forcer à se retirer de la vie publique gabonaise. Il y a eu dans l'histoire du Gabon sous Bongo trop de gaspillage, trop d'opportunités perdues, trop de crimes, trop de viols, trop d'incompétence, trop de honte, trop d'humiliations.

Pour que l'on accusât Gbagbo d'irrévérence insultante envers Bongo, il eût fallu au préalable que sa déclaration fût fausse ou injurieusement infondée. Or, les encyclopédies nous disent qu'une injure "est une parole offensante adressée à une personne dans le but de la blesser délibérément, en cherchant à l'atteindre dans son honneur et sa dignité. Une insulte, quasi-synonyme d'injure, est cependant considérée comme une injure moins grave. Une injure grave est un outrage." Et sur ce plan, la loi française, par exemple, est claire quant à son interprétation de l'outrage ou de l'injure. En effet, l'article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, par exemple, définit l'injure comme suit: « toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure. »

Il est important ici de noter les termes de la loi française telle qu'elle est clarifiée par l'idée de l'absence de faits.  Autrement dit, c'est l'absence d'imputation de fait précis qui fait l'injure, c'est-à-dire l'absence de preuves. C'est ainsi que l'injure ou l'outrage devient parfois synonyme de diffamation car reposant principalement sur des supputations ou invectives non fondées. Pour qu'il y ait donc, injure, insulte ou outrage dans les propos tenus par le président ivoirien à l'encontre d'Omar Bongo, il faudrait que Bongo puisse établir sur le plan de la loi et du langage, que l'affirmation de Gbagbo repose sur des invectives non fondées.

Or, à ce niveau, les commentaires de Laurent Gbagbo sont clairs: Le président ivoirien pense qu'Omar Bongo est un rigolo parce qu'il veut donner des leçons à Gbagbo sur la conduite à tenir dans son pays alors qu'à ce niveau, Bongo n'est pas une référence. Et pour le prouver, Gbagbo cite le texte fondamental gabonais, établissant ainsi un rapport de correspondance direct et véridique entre le Bongo manipulateur de constitutions dans son propre pays et le Bongo faussement moralisateur qui s'étend avec une arrogance mal placée sur l'Afrique. Puisqu'il y a un gouffre de fausseté évident entre ces deux "Bongos", Gbagbo en conclut tout simplement que Bongo est un clown, car ce sont les clowns qui aiment à se revêtir de masques de fausseté pour faire croire aux incrédules qu'ils représentent quelque chose qu'ils ne sont pas en réalité.

Pour, donc, prouver que Bongo est un clown qui a pour vocation d'amuser la galerie sans pour autant être drôle (il est incompétent même dans cela), il suffit de regarder ce que Bongo a fait du Gabon pendant les 38 dernières années.

Bongo le prestidigitateur manipulateur de constitutions

Prenons d'abord le personnage Bongo sur le plan même du texte constitutionnel gabonais, que ni Bongo lui-même, ni beaucoup de Gabonais ne semblent connaître. Gbagbo aura heureusement permis aux Gabonais et au monde de se rendre compte des incohérences suivantes entre ce que Bongo veut donner comme leçons aux autres dirigeants africains, et ce qui se passe réellement chez lui:

Incohérence No. 1: L'article 10 de la constitution, celui-là même qui est incriminé dans le bras de fer diplomatique entre le Gabon et la Côte d'Ivoire, stipule clairement que "Toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la présidence de la République. Seule sa descendance ayant demeuré sans discontinuité au Gabon le peut, à partir de la quatrième génération."

Cet article est problématique du point de vue même de la loi et de la possibilité de son application sur le plan historique. Car, si l'on se réfère à la simple histoire du Gabon, on se rend compte que l'entité connue aujourd'hui comme Gabon n'existe aucunement avant la colonisation européenne. On ne peut donc parler de nationalité gabonaise avant les colons puisque le Gabon est une création occidentale. Durant la période coloniale elle-même, le Gabon n'existe pas non plus en tant qu'entité juridique autonome puisqu'il fait partie d'abord de ce qu'on appelait à l'époque "Congo français", avant d'être intégré à l'AEF de 1910 à 1958. Pire même encore, les machinations françaises qui, de de Gaulle à de Gaulle, essayèrent de maintenir l'empire français menèrent, entre 1946 et 1958 à des aménagement juridiques et constitutionnels (Union française 1946-1958 et Communauté française, 1958-1960) qui firent pratiquement des ressortissants  des territoires français des citoyens français. C'est dire que les Gabonais nés avant 1960 furent tout—Congolais, Camerounais, Aéfiens, Français—sauf Gabonais.  Puisque le Gabon n'existe en tant que pays indépendant que depuis le 17 août 1960 et sa première constitution en tant que nation indépendante ne date que de février 1961, les légalistes qui se respectent peuvent conclure qu'Omar Bongo est lui-même frappé d'illégalité puisqu'il n'aurait acquis la nationalité gabonaise qu'au moment de l'indépendance et, donc, de l'existence juridique du Gabon en tant qu'entité autonome. Du moment qu'il n'est pas né au Gabon, mais en AEF, Omar Bongo serait-il alors, sur la base de sa propre constitution, prêt à se disqualifier lui-même de la course à la présidence en décembre 2005?

C'est donc là la première incohérence que Bongo doit résoudre s'il veut se rendre crédible aux yeux du monde.

Incohérence No. 2: Le même article 10, contient, dans l'alinéa précédent, la stipulation suivante: "Sont éligibles à la présidence de la République, tous les Gabonais des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques, âgés de quarante (40) ans au moins (L. 1/97 du 22 avril 1997).".

Cet alinéa est problématique. Sur la base de quoi le régime Bongo est-il parvenu à déterminer que l'âge requis pour un Président de la république valable se situe à 40 ans? 40 ans est-il forcément l'âge de la maturité et de la compétence? Or, quand on sait que Bongo lui-même, qui dit être né en 1935, est arrivé au pouvoir en 1967 à l'âge, donc, de 32 ans, on s'étonne. A moins que Bongo n'ait menti sur son âge véritable, n'y a-t-il pas une contradiction flagrante entre ce que Bongo s'applique à lui-même comme loi et ce qu'il impose aux autres dans sa tentative de bloquer par des manipulations constitutionnelles tous ceux qui seraient susceptibles de l'évincer?

Et puis, est-ce qu'il appartient véritablement aux hommes politiques de fixer comme cela de manière arbitraire des limites que seul le peuple serait habilité à fixer par son vote? Il me semble que si un jeune de 32 ans se décide à se présenter comme candidat aux élections présidentielles, ce n'est pas aux politiciens véreux de limiter sa candidature. Le peuple doit lui-même être capable de décider s'il veut d'un jeune à sa tête ou non. Cette peur de perdre le pouvoir est donc si chronique chez Bongo qu'il est obligé de se tailler des constitutions sur mesure, montrant ainsi qu'il est non seulement un rigolo comme le dit Gbagbo, mais aussi un homme sans couilles. Il a trop peur de la transparence, Omar Bongo. Vous remarquerez que des pays comme le Sénégal, le Burkina, le Cameroun, le Cap-Vert, le Tchad et beaucoup d'autres, fixent la limite d'âge minimale à 35 ans. Les Gabonais sont-ils donc plus immatures que les Sénégalais et les Camerounais?

Et que s'est-il passé depuis 1967 qui a fait que Bongo se trouve acceptable comme présidentiable à 32 ans, et refuse désormais que d'autres Gabonais ne fassent comme lui? Cette incohérence doit également être résolue avant décembre 2005 si Omar Bongo se veut crédible.

Incohérence 3: En juillet 2003, Omar Bongo a fait modifier l'article 9 de la constitution, pour réaffirmer non seulement le mandat de 7 ans, en contradiction flagrante d'avec la limitation de 5 ans décidée à la conférence nationale de 1990, mais également pour établir une rééligibilité permanente sans limite de mandats. Les Américains ne mâchent donc pas leurs mots quand ils écrivent, par l'entremise du Département d'état dans son rapport annuel des droits de l'homme au Gabon (Rapport 2003, publié en septembre 2004), que: "Le Gabon est une république dominée par un fort régime présidentiel. Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) est demeuré au pouvoir depuis 1968 et a depuis lors restreint le choix politique. Le Leader du PDG El Hadj Omar BONGO, président depuis 1967 a été réélu  pour un mandat de 7 ans en 1998 à l’issue d’un scrutin entaché d’irrégularités. Le 14 Juillet, le Parlement a voté un amendement constitutionnel qui a supprimé la  limitation du nombre de mandat électif présidentiel et a de facto facilité une présidence à vie."

Le même article 9 tel que modifié institue une élection présidentielle à un tour, ce qui, encore une fois, traduit la peur de Bongo de voir le peuple l'acculer à un deuxième tour qui lui serait forcément fatal. Bongo sait qu'il n'a jamais gagné d'élection au Gabon et qu'au jour d'aujourd'hui il n'a aucune chance d'être élu dans la transparence. Alors, pour se protéger, il institue une élection à un tour dans l'espoir de jouir d'une majorité relative. Ce que Bongo oublie, cependant, c'est que personne au Gabon ni dans le monde n'accordera de crédit à une élection comme celle qu'il prépare.

L'on s'arrêtera là car la liste des enfantillages clownesques du bongoïsme en termes de prestidigitations constitutionnelles pourrait faire l'objet de tout un livre. Toujours est-il que le régime Bongo détient aujourd'hui deux des records les plus honteux du monde: Bongo est maintenant, après Fidel Castro, le plus ancien président du monde (38 ans de pouvoir); s'il s'impose en décembre 2005, il sera parti pour passer 45 ans au pouvoir. Bongo détient aussi l’un des records de manipulations constitutionnelles les plus ignominieux au monde, vu que  de 1967 à 2003, le régime Bongo n’a cessé de « brigander » la constitution gabonaise, la modifiant au moins trente et une fois en 36 ans (1967-2003), soit à peu près une fois par an en moyenne. Aujourd'hui c'est une constitution entièrement taillée sur la petite mesure d'Omar Bongo: l'homme se sait petit au propre comme au figuré et sa manière de compenser cette petitesse se traduit par des comportements petits, mais exagérés, comme ceux qui consistent à s'assurer de voler une élection en rejetant la transparence électorale et à confondre stabilité politique et monarchie dictatoriale à vie.

A cela, il faut ajouter que Bongo n'a jamais gagné d'élection au Gabon, ce qui automatiquement fait de lui un imposteur. Gbagbo, qui au moins a la légitimité qui découle d'une élection qu'il a non seulement gagnée par les urnes, mais que le peuple ivoirien a renforcée par deux fois en se soulevant (face à Robert Guei et face à la France) pour confirmer Gbagbo à ce poste. S'il y a quelqu'un qui a des leçons de légitimité à donner à l'autre, c'est bien Gbagbo.

Bongo la risée du monde

Il n'y a peut-être que Bongo qui ne sait pas qu'il est la risée du monde entier. Rien que par sa manière négligée de s'exprimer, les autres présidents s'esclaffent à chacune de ses interventions à l'ONU et dans les meetings présidentiels, sans parler des interviews médiatiques qui, en général, couvrent le Gabon et les Gabonais de honte. Il suffit de lire le type de réponse que Bongo donne lors des interviews qu'il accorde aux journalistes du monde. Sur la Côte d'Ivoire par exemple, RFI lui posa le 23 août 2004, la question suivante:

Question de RFI : Alors, Monsieur le président, revenons sur le cas d'Alassane Ouattara. Que lui conseillez-vous ? D'être candidat ?

Réponse d'Omar Bongo: Vous voyez Ouattara, ce jeune technocrate appelé par Houphouët, il devient par la suite politicien. Il n'a pas fait de bruit mais à cause de Ouattara par-ci, Ouattara par-là, on a fait un mythe. Aujourd'hui, Ouattara est là. Ouattara à droite, Ouattara devant, Ouattara derrière. Comment voulez-vous que j'aille lui dire, ne te présente pas. Au nom de quoi ?

En gras, nous avons souligné le type de réponses indignes d'un chef d'état qui ont, malheureusement, fait la notoriété du bonhomme Bongo dans le monde, à tel point que quand les journalistes l'approchent, ce n'est point parce qu'ils sont intéressés par la brillance de sa pensée, mais plutôt parce qu'ils veulent rire des conneries qu'il va, à coup sûr, pondre. Qu'est-ce que, bon dieu, ça peut bien vouloir dire "Aujourd'hui, Ouattara est là. Ouattara à droite, Ouattara devant, Ouattara derrière"? Bongo parle quelle langue? Si le français est difficile pour lui, qu'il fasse au moins comme Bush quand il visite la France. Qu'il apporte un interprète qui va traduire en français sa langue maternelle pour lui. Cela aura au moins le mérite de hisser nos langues inconnues en langues internationales. Mais des histoires du style "Ouattara à droite, Ouattara devant, Ouattara derrière" ne sont pas faites pour faire honneur au Gabon, surtout que Bongo a oublié dans sa litanie ouattarienne d'ajouter: "Ouattara à gauche, Ouattara en haut, Ouattara en bas, Ouattara partout."

Et ne parlons pas des affaires humiliantes comme celle de Miss Pérou, où Bongo plongea le Gabon dans la honte mondiale en tentant de séquestrer une pauvre péruvienne attirée faussement au Gabon pour assouvir les appétits sexuels du dictateur Gabonais. Mais quel exemple à donner à son peuple, mon Dieu! Un président qui se veut réellement représentatif de son pays se doit d'être non seulement le garant des institutions tel que dicté dans l'article 8 de la Constitution, mais aussi le garant de la moralité. A un moment où le SIDA fait des ravages au Gabon, un président "couche-là" ne peut qu'encourager l'immoralité par l'exemple qu'il donne, car beaucoup se diront: "Puisque le président le fait, pourquoi pas moi?". Et voilà comment un mauvais président peut instituer l'immoralité comme valeur et pousser la jeunesse d'un peuple à sa perte, en encourageant des comportements volages qui disséminent un peu plus le SIDA au sein de la population. Il n'en demeure pas moins que la nouvelle de la fameuse séquestration de Miss Pérou fit le tour du monde. Les Russes, les Chinois et tous les pays obscurs et connus du monde la publièrent, en parlèrent, plongeant le pays dans un état d'humiliation sans pareil. Le Gabon, dont certains n'avaient jamais entendu parler, devint soudain connu de tous, sur la base d'une histoire de fesses. Drôle de manière de véhiculer l'image de son pays, Monsieur Bongo!

Bongo le génocidaire de son peuple

Parlons maintenant brièvement de la gestion désastreuse que Bongo a faite du Gabon en 38 ans. Comparativement à la Côte d'Ivoire, l'économie gabonaise ne pèse pas lourd puisque dépendante en grande partie du secteur pétrolier. L'économie gabonaise sous Bongo vit donc en permanence sous perfusion pétrolière à un moment où celle de la Côte d'Ivoire repose sur un tissu agricole conséquent et bien établi. Certes, le revenu par habitant de l'Ivoirien est bas (1500 dollars US) par rapport à celui du Gabon (5900 dollars), mais cet avantage en chiffres n'est guère visible dans le niveau de développement du Gabon. D'abord parce que le revenu par tête du Gabon fluctue massivement en fonction des cours du pétrole (3810 dollars en 2003, contre 5900 dollars en 2004), ensuite parce que 38 ans après l'arrivée de Bongo au pouvoir, et malgré d'immenses richesses, 60% des Gabonais vivent encore sous le seuil de pauvreté (37% pour la Côte d'Ivoire), et le pays croule sous une dette avoisinant 30% de son PIB. A ce rythme-là, si Bongo s'impose en décembre 2005 et finit ce nouveau mandat de 7 ans, il provoquera la mort d'au moins 80.000 Gabonais entre janvier 2006 et janvier 2013, Gabonais qui seront morts inexplicablement de pauvreté dans un Gabon dit riche. Dans un pays où 1 enfant sur 10 meurt avant son premier anniversaire, généralement dans sa première semaine de vie, où l'espérance de vie stagne aux alentours de 50 ans, ce taux de mortalité est si étonnant qu'il est comparable à celui de pays en guerre civile. Or, le Gabon est supposé être un pays "stable" vivant dans la "paix". Comment peut-on, en temps de paix, perdre autant de citoyens qu'un pays en situation de guerre civile? Evidemment, au pays de Bongo, les mots ne font pas peur, au point que le mot "paix" est devenu la sauce servie aux Gabonais à chaque discours pendant les 38 dernières années.

Parlons maintenant des "couilles" d'Omar Bongo, spécifiquement. Les statistiques du Département d'état américain sur le Gabon nous disent que les forces armées gabonaises tous corps confondus (marine, armée, forces aériennes, gendarmerie, police) se composent de 8000 membres et que la garde de Bongo représente un corps de 1500 membres. Vu que la garde de Bongo est la véritable armée du Gabon, les autres corps étant privés d'armements et de logistique de guerre pour éviter les coups d'état, on se rend compte que sur un total de 9500 membres au total, la garde de Bongo pèse à peu près 16% de tous les corps armés de la nation. Mon dieu, 16% des forces armées pour protéger un seul homme! Si ce n'est pas un manque de couilles ça, alors on ne sait plus ce que c'est. Bongo a donc à lui tout seul, la capacité de faire la guerre aux forces régulières de la nation, montrant ainsi, encore une fois, l'image bunkerisée d'un homme aux abois, qui va partout en Afrique proclamer la nature "pacifique et stable" du Gabon, alors qu'en fait le pays, de l'intérieur, vit dans la peur de voir l'armée privée de Bongo s'abattre sur lui. Ce qui est sûr, c'est que Bongo, contrairement à Gbagbo, ne peut espérer voir les Gabonais risquer leur vie pour lui ou pour sauver son régime comme les Ivoiriens par deux fois l'ont fait pour sauver Gbabgo, d'abord face à Guei, ensuite face à la France. Et voila pourquoi le bouffon gabonais s'entoure non pas d'une garde républicaine, mais bel et bien d'une armée de guerre, pour contraindre à la "paix" les Gabonais, et aller au dehors chanter une paix gabonaise qui n'existe pas.

Bongo le rigolo

Regardons maintenant de plus près certains des commentaires désobligeants faits par Bongo à l'encontre de son "frère" Gbagbo. Dans l'interview accordée à RFI citée plus haut, Omar Bongo disait ceci de Gbagbo:

Question RFI : Le président Laurent Gbagbo vous suivra-t-il ?
Réponse d'Omar Bongo: Ecoutez, moi je ne suis pas un donneur de leçon, dites-vous bien. Gbagbo à chaque fois que je lui parle, il a une logique propre à lui. Il vous donne l'impression parfois de quelqu'un qui écoute beaucoup. Or, il n'écoute pas. Parfois aussi, il vous donne l'impression qu'il ne vous écoute pas, mais il vous écoute. Par exemple à Accra, nous avons insisté pour qu'il réintègre les trois ministres limogés, mais il a dit non, mais qu'il était prêt à les nommer à d'autres postes. Mais lorsque Bédié, Ouattara, Soro sont entrés, il a dit: " Alors Soro, tu vas bientôt retourné au gouvernement (... ) ". Et ceux-ci ont applaudi. Mais il a également dit qu'il n'avait encore rien décidé mais moi je savais qu'il avait accepté.

Ce que l'on voit, dans les propos de Bongo, c'est d'abord une manière de parler des autres présidents, eux au moins  légitimes, comme des enfants. Voilà pourquoi le journal en ligne Notre Voie du 9 juin rappelle que Bongo avait déjà dit de Gbagbo que "Le président Gbagbo dit une chose le matin et son contraire le soir. Il n'est pas digne de confiance".

Ce n'est donc que justice que Gbagbo lui ait répondu le 6 juin dernier. Mais hormis cela, comme Bongo le confirme lui-même, Gbagbo lui au moins sait reculer quand les conditions l'imposent. Gbagbo en arrivant au pouvoir a trouvé une constitution dictatoriale en place qui n'avait pas été façonnée par lui. Il a ainsi, malgré ses réticences, accepté non seulement les dispositions d'Accra telles que Bongo les expose ci-dessus, mais également cédé sur des points importants, comme par exemple permettre à Alassane Ouattara d'être candidat là où la constitution ne le permettait pas.

Question RFI : En relisant l'accord d'Accra III, il n'a été nulle part écrit que tous les candidats à l'élection présidentielle pouvaient se présenter. Or, il semble que toutes les difficultés soient nées de cela...

Réponse d'Omar Bongo : Nous n'avons pas dit explicitement cela. Nous avons demandé la révision de l'article 35 notamment dans ses problèmes d'éligibilité. L'actuelle Constitution dit de "père et de mère" nous avons préféré mettre le "ou" (de père ou de mère) de nationalité ivoirienne. La cause de la crise ivoirienne est l'article 35 et cette ivoirité, les "et" et "ou". Il faudrait faire en sorte que tout le monde se présente. Il est facile de se présenter à une élection mais c'est l'après élection qui compte. Donc, moi je pense qu'être candidat ne veut pas dire forcément qu'on sera élu. Je l'ai dit à Gbagbo. J'ai dit à Laurent : écoute, tu as été élu, mais il n'est pas dit que tu seras battu. Alors, il faut laisser les différents candidats se présenter eux-mêmes, ils verront avec le peuple.
 

Ah bon! Ainsi Bongo sait donner des leçons de démocratie hors de son pays! Mais quand a–t-il montré la même préoccupation pour son propre pays? Quand il s'agit de la Constitution ivoirienne, on voit Bongo devenir expert en jurisprudence et débattre de la valeur sémantique des "et" et "ou", donner des leçons à Gbagbo en lui conseillant de laisser tout le monde se présenter car cela ne veut pas dire qu'on sera élu, etc.

Mais au Gabon, Omar Bongo maintient une constitution qui exclue les gens qui ont la trentaine, entérine la présidence à vie et prépare la fraude. Gbagbo au moins aime son pays. Il sait reculer quand il faut sauvegarder un minimum de dignité à la nation. Mais comment Bongo qui ne cesse de renforcer sa dictature au Gabon peut-il donner des leçons de flexibilité à Gbagbo quand lui-même se fossilise dans des comportements de rigolo? Même quand le mouvement d'opposition BDP se rend en France pour rencontrer les Gabonais et discuter avec eux, Omar Bongo perd 1,5 milliards de F CFA pour l'en empêcher. Au Gabon, d'autres milliards ont été perdus pour acheter toute l'opposition. Pourquoi Omar Bongo a-t-il autant peur de la transparence électorale?

Si, donc, Bongo veut démontrer aux Gabonais qu'il a des couilles et qu'il n'est pas rigolo, la solution est toute trouvée, qu'il modifie la constitution gabonaise en revoyant les articles incriminés comme suit:

1) Modifications constitutionnelles

Article 9: Le Président de la République est élu pour cinq (5) ans au suffrage universel direct. Il est rééligible une fois.
Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés.
Si celle-ci n'est pas obtenue au premier tour, il est procédé à un second tour, le deuxième dimanche suivant la proclamation des résultats par la Cour Constitutionnelle.
Seuls peuvent se présenter au second tour les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour.
Au second tour, l'élection est acquise à la majorité absolue des suffrages exprimés.

Article 10:  (….) 
Sont éligibles à la présidence de la République, tous les Gabonais des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques, âgés de trente deux (32) ans au moins.
 (…)

En gras, nous signalons les lignes que nous proposerions à la place des dispositions actuelles. Modifier ces deux articles selon ces principes est une chose simple qu'Omar Bongo pourrait facilement faire pour montrer à Gbagbo et à tous ses critiques qu'il n'a pas peur de la transparence électorale et qu'il n'est pas prêt à s'imposer aux Gabonais pendant 45 ans.

Quant aux dispositions de l'article 10 concernant la candidature des personnes naturalisées, elles doivent faire l'objet d'un débat national franc. Il va sans dire que dans la plupart des pays du monde, l'on n'accepte pas facilement que des étrangers ou personnes naturalisées soient éligibles à la présidence de la république. Par contre, la descendance de ces personnes, du moment que leurs parents sont solidement établis dans le pays en tant que Gabonais d'adoption, mérite des égards particuliers puisque cette descendance, elle, est gabonaise par le droit du sol. La logique voudrait que cette descendance ait droit d'éligibilité, même si, par le jeux démocratique, les "autochtones" auraient le droit d'attirer l'attention des votants sur le caractère "étranger" de tels candidats, laissant ainsi le peuple jouer de manière autonome l'arbitre quant à qui il veut à sa tête. Mais il n'appartient nullement aux politiciens de fixer des limitations aussi arbitraires et absurdes que celles qui veulent qu'au Gabon, ne peuvent se présenter comme candidats aux présidentielles que la quatrième génération de descendants d'étrangers naturalisés.

2) Appel à l'ONU

Pour les élections de décembre 2005, un autre signe de bonne volonté de Bongo serait de tout simplement inviter l'ONU au Gabon et lui laisser, comme l'avait proposé le BDP, l'entière responsabilité d'organiser du début à la fin les élections présidentielles de décembre. Ceci permettrait de garantir la transparence minimale qui s'impose dans une élection aussi cruciale que celle de décembre 2005. Et comme le BDP l'avait dit, si Bongo gagne dans ces conditions de transparence, le BDP s'inclinerait et reconnaîtrait Bongo comme président du Gabon. Pour le moment, le BDP ne reconnaît pas Bongo comme président du Gabon car, en 38 ans, Omar Bongo n'y a jamais été élu de manière transparente et démocratique.

Si Bongo peut donc, dans le cadre des élections de décembre, simplifier au maximum les contraintes constitutionnelles, laisser les Gabonais qui le souhaitent s'exprimer ou se porter candidat, alors la bataille pour la démocratie au Gabon serait gagnée.

Mais ça c'est le rêve. La réalité est que Bongo n'a jamais été démocrate et ne le sera jamais. Il faudra, pour changer Bongo, le pousser à la sortie car il est incapable de la même flexibilité patriotique qu'il a semblé exiger de Laurent Gbagbo.

Les faits sont donc avérés. Gbagbo, en disant des faits concrets dans le cadre de ses commentaires, ne peut avoir insulté Bongo. Dire à un voleur reconnu comme voleur qu'il est voleur n'est pas une insulte. Dire de Bongo qu'il est rigolo parce qu'il dit aux autres de faire ce qu'il n'ose pas faire au Gabon est loin de constituer un outrage. Car, rigolo, Bongo l'est en réalité. Incompétent, Bongo l'est aussi. Sans couilles, Bongo l'est encore. Le président Laurent Gbagbo a tout simplement donné des leçons de compétence à l'imposteur gabonais en lui balançant au visage sa propre constitution entachée de lois "rigolotes".

Gbagbo aura même été surprenant par les précisions contenues dans ses commentaires. Par exemple, il a parlé de Bongo comme "le père Bongo". Le mot "père" n'est pas anodin ici. Il paraît en effet que dans le régime Bongo, le culte de la personnalité a atteint des sommets tellement maladifs que tout le monde appelle maintenant Bongo "papa". Et il n'y a plus personne au Gabon qui sorte d'une audience avec Bongo qui n'ait à la bouche la formule "Bongo m'a donné des conseils, comme un père". Comme de juste, en ce dimanche 12 juin de "soutien" acheté, Ntoutoume Emane, Premier ministre du gouvernement gabonais, a lui-même confirmé ce culte de la personnalité en appelant sans vergogne Bongo "papa" en public: "Notre papa à tous est très content de ce que vous avez fait. Avec Madame la première dame, ça lui va tout droit au coeur et il vous remet quelque chose pour que vous puissiez prendre un pot à Gabon Expo."

Quand on sait que Ntoutoume Emane a presque le même âge qu'Omar Bongo (Ntoutoume Emane est né en 1939 et Bongo en 1935), l'on a presque envie de vomir. Vomir parce que, au Gabon, la corruption a atteint des proportions tellement "normalisées" que le Premier ministre gabonais n'hésite même plus à venir féliciter publiquement les foules en leur proposant d'aller prendre un "pot" pour les remercier de ce qu'ils "ont fait". Un aveu, donc, que le soutien à Bongo n'était pas du tout spontané. Derrière ces cris de "soutien" se cachait plutôt l'impatience d'aller boire la bière qui avait été promise à ceux qui crieraient le plus. Rien que de l'artifice, en somme. Envie de vomir, encore, parce que Ntoutoume Emane aura un jour à expliquer aux Gabonais comment un homme de 70 ans (Bongo) aura pu avoir un enfant de 66 ans (Ntoutoume). Monsieur Ntoutoume Emane, sachez que personne au Gabon ne veut de ce "papa" rigolo là.  Apparemment, le gouvernement sous Bongo est lui aussi une grosse escroquerie, un cirque.

Et la pauvre presse d'état au Gabon! Le signe évident que la presse gouvernementale est bâillonnée et que les libertés d'expression ne sont pas encore garanties chez nous peut se voir dans un des articles publiés par l'Union, le journal gouvernemental, le 8 juin dernier (Voir http://www.bdpgabon.org/content/view/1694/45/). L'Union, ce jour-là, n'arriva même pas à rapporter objectivement les mots de Gbagbo, préférant occulter le mot "rigolo" par la formule elliptique "r…." comme dans « regardez le Gabon : le père Bongo veut donner des leçons. C'est un r... Pour être candidat à l'élection présidentielle, il faut être Gabonais depuis au moins quatre générations». Quel est donc ce pays où un organe de presse officiel n'arrive même pas à rapporter objectivement les choses qui préoccupent la nation? Quelqu'un mourrait-il au Gabon si l'Union disait clairement que Gbagbo a traité Bongo de "rigolo" et que les mots sont de Gbagbo? C'est dire à quel point la clownerie gabonaise est devenue une culture dans notre pays, tout cela à cause du fameux "rigolo" Omar Bongo, qui croit que gérer un pays se résume à faire de gros discours sans sens du style "Ouattara à droite, Ouattara devant, Ouattara derrière".

suite....

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